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"Call me by your name and I'll call you by mine"
Le nouveau film de Luca Guadagnino, troisième opus de sa « trilogie du désir », narre avec intensité une passion d’été éphémère. Un cadre idyllique, une musique envoûtante et un triangle amoureux inédit, il n’en faut pas plus pour considérer Call me by your Name comme un émouvant chef-d’œuvre cinématographique.

 

Italie, 1983. Dans un décor calme mais époustouflant, entre rivières et champs de fleurs, la famille Perlman accueille un nouveau membre : Oliver, jeune doctorant américain venu étayer sa thèse d’archéologie au cœur des vestiges italiens oubliés. Très vite, une relation étrange s’installe entre lui et Elio, 17 ans, enfant unique mais troublé par les problématiques récurrentes de l’adolescence. Des questionnements simples mais percutants : faut-il suivre la raison ou le cœur ? Faut-il choisir Marzia, une jeune femme française éclatante de fraîcheur, ou Oliver, un homme mûr mais captivant ? Malgré la peur du jugement, une passion intense et bouleversante se crée entre les deux hommes, rythmée par leur jeunesse et leur candeur naturelle.

Une relation d’ailleurs profondément marquée par l’interdit. Le tabou de l’homosexualité, matérialisé au cœur des années 80, pénètre les consciences et questionne. Cet amour simple et sincère ne serait-il pas ce que tout un chacun recherche ? La force des sentiments des deux hommes s’exprime de manière subtile, sublimée par les paysages entourant cette idylle secrète. Ce sont également les prises de vue qui renforcent la beauté du long-métrage. La mise en valeur des corps humains est superposée aux sculptures archéologiques qui, dès la première seconde, attirent le regard.

Enfin, la bande-son éclectique et légère permet d’accompagner les instants clés du long-métrage. A travers des morceaux à la fois classiques, pops et folks, Guadagnino nous plonge progressivement dans les pensées et préoccupations d’Elio. Nous vivons chaque moment de doute, de bonheur et de tristesse avec lui. Ainsi, de par son innocence et sa sensibilité, il devient rapidement un personnage auquel on s’attache et s’identifie. Une affection renforcée par une perle musicale nommée « Mystery of Love » et interprétée par Sufjan Steven, jeune auteur-compositeur américain. Sa voix douce et mélodieuse se fond à la musique, ne devenant parfois presque plus qu’un souffle, une voix murmurée à notre inconscient.

 

Call me by your Name n’est pas seulement un diamant brut de la cinématographie contemporaine. C’est une ode à l’amour et à la tolérance. Un message d’espoir qui fait réfléchir… et voyager.

Par Eva Marxer