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Ces catholiques de gauche

Paris. Mars 2013. Des ténors des Républicains – à l’époque encore l’UMP – et du Front National défilent dans les rangs de la Manif pour tous, exhibant fièrement leur foi catholique. Une image, une de plus. Le constat est là : les catholiques sont de droite. Forcément. Il est vrai que beaucoup de catholiques se situent à droite politiquement. La doctrine conservatrice de l’Eglise romaine n’y est pas pour rien. Qu’il s’agisse de l’avortement, du mariage homosexuel ou de l’euthanasie, tout semble inviter les catholiques à donner leurs voix aux partis conservateurs : Front National, Les Républicains, Parti Chrétien-Démocrate. Cependant, il existe des catholiques qui votent au centre, à gauche et même à l’extrême-gauche. En effet, au premier tour de l’élection présidentielle française de 2017, 43% des électeurs catholiques auraient voté pour un candidat de gauche ou du centre (Emmanuel Macron ayant attiré une partie de l’électorat classique de la droite). (Sondage IFOP pour Pèlerin). Les raisons de leur positionnement politique? La question sociale. Certains considèrent que le message essentiel de la Bible est d’être solidaire et « d’aimer [son] prochain comme [soi]-même ». Cela peut passer par l’engagement au sein d’associations telles que le Secours Populaire ou la Croix Rouge, qui visent à aider les personnes en situation précaire. Cela peut également s’illustrer par une participation à l’accueil des réfugiés. Ont également vu le jour des associations comme ATD Quart Monde ou l’Association des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture. Enfin, il ne faut pas oublier le rôle des cercles catholiques dans l’histoire syndicale française, avec l’oeuvre de cercles catholiques d’ouvriers aux XIXème siècle et de syndicats plus actuels comme la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens. Mais être à la fois un Homme de gauche et un pratiquant n’est pas toujours aisé. Souvent, on est amené à se justifier. On peut même se voir reprocher d’être un mauvais croyant (se faire reprocher d’être un mauvais Homme de gauche arrive aussi, mais c’est généralement pour d’autres raisons). Trois jeunes ont d’ailleurs exprimé leur colère dans une tribune publiée par le journal Le Monde : « Nous, jeunes catholiques, refusons de laisser à la droite le monopole des valeurs chrétiennes. » Pour Pierre-Louis Choquet, Jean-Victor Elie et Anne Guillard, il faut se consacrer à la préservation de l’environnement et à la cohésion sociale. Pour cela, il n’y aurait pas d’autre choix que de voter à gauche. Leur tribune mentionne le pape François à plusieurs reprises, et cela n’a rien d’un hasard : depuis l’élection du pape François à la tête de l’Eglise catholique, les choses commencent lentement à évoluer. Enfin un souverain pontife progressiste ! Dit-on. Je finirai simplement avec ces quelques mots de mon arrière-grand-mère : « Tout bon catholique devrait être de gauche, tout bon Homme de gauche devrait être catholique. » Ironie de l’histoire, elle votait à droite.

 

Par Valentin Roussarie