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Colloque Loreka: « T’apprendras l’allemand, ça te servira pour la prochaine guerre »
Le premier Colloque du projet collectif Loreka a eu lieu hier matin au 94 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny. Viennoiseries, fromage et vin de pays, que faut-il en retenir à part le buffet gratuit ?
  • De gauche à droite : Edouard Martin, Aurélie Filippetti, Jean-Denis Mouton et Gérard Longuet, lors du colloque du projet Loreka, le 11 mars 2017 à Nancy. / © Sciences Pho
    De gauche à droite : Edouard Martin, Aurélie Filippetti, Jean-Denis Mouton et Gérard Longuet, lors du colloque du projet Loreka, le 11 mars 2017 à Nancy. / © Sciences Pho

A 9h30, l’ambiance est détendue. Les premiers participants sont arrivés, des poignées de main s’échangent. On aperçoit dans le forum Monsieur Laval en discussion avec Monsieur Germain ou encore Aurélie Filippetti, Gérard Longuet, Edouard Martin, des personnalités connues qui se sont réunies hier, dans une période pré-électorale, pour parler d’Europe. De la place de la Lorraine en Europe à l’histoire de la Meurthe-et-Moselle, les premiers discours apportent rapidement les bases d’un colloque qui s’annonce profondément européen.

« L’Europe ne peut pas fonctionner si on ne travaille pas ensemble »  (Aurélie Filippetti)

L’insécurité dans le monde, les tensions diplomatiques et militaires, des chefs d’Etat au discours toujours plus protectionniste et anticonformiste montrent bien l’importance d’une coopération européenne forte, et plus particulièrement franco-allemande. Cela passe par un travail sur l’intégration régionale et sur les relations transfrontalières, notamment avec notre plus gros partenaire économique. Voilà comment débute le premier invité, Monsieur André Rossinot, Président de la Métropole du Grand-Nancy et ancien maire. S’en suivent des tables rondes en présence de, notamment, François Pelissier, Jean-Michel Berlemont, et Eric Germain. Les idées défendues sont globalement similaires : des frontières persistantes entre les pays européens qu’il faut supprimer, une intégration régionale à favoriser, une position européenne commune à prendre et à assumer. L’exemple des taux d’intérêts divergents selon les pays revient et montre, pour Mme Filippetti, le « dysfonctionnement systémique d’une économie européenne qui n’est pas optimale », mais qui doit le devenir. Les auditeurs ont d’ailleurs pu débattre à ce sujet avec les anciens élus, de manière encadrée par les membres du projet Loreka.

« Nous sommes fiers du résultat, même si l’écho n’a pas été aussi grand qu’espéré. C’est une demi-victoire ! » (Romy-Lili Gorsse)

La présence de tous ces invités prestigieux n’est pas fortuite. Elle résulte du travail du projet collectif Loreka (association visant à promouvoir la Lorraine et les collectivités).

« Notre travail n’était pas particulièrement stressant. C’était surtout beaucoup de temps, de ‘phoning’ et d’énergie, ce qui était parfois frustrant. On passait des heures à rechercher un producteur pour aucun résultat du point de vue du colloque », nous confient les membres du projet. L’organisation a été selon eux très formatrice. Le manque d’expérience a pourtant été ressenti, notamment avec l’annulation de la députée européenne Mme Griesbeck à cause d’un malentendu sur sa place dans l'événement. Si le travail réalisé a hier montré ses fruits, des membres du projet se disent cependant déçus du faible nombre d’étudiants ayant pris part à l'événement, abstention qui reflète une préférence pour la « réaction » par rapport à des conférences plus « construites » (comme le prouve la forte présence à la présentation de Bénédicte Durand la veille, plus clivante). L’avenir du projet reste encore incertain. Pourtant composé à grande majorité de 1A,  ceux-ci souhaitent faire un « état des lieux » et « se concerter » avant de s’engager dans un nouveau projet. Un Forum Européen en collaboration avec la CCI (Chambre de Commerce et d'Industrie), sur proposition de M. Pelissier, a cependant été abordé.

Le campus de Nancy montre encore une fois son attachement à l’Europe. Madame Durand ne s’est d’ailleurs pas montrée surprise que les thématiques relatives à l’Allemagne soient l’objet d'événements semblables à Nancy. On retiendra l’interpellation de M. Rossinot : « Dans les temps difficiles, il ne faut pas se replier, il faut coopérer avec nos partenaires. Et nos partenaires ce sont la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne ».

 

Par Laura Damblemont