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Donner de la Voix #2: L'Iran en mouvement?

  

« [C’est] une continuation de la conspiration des gouvernements de la région à la solde des États-Unis et qui cherchent à répandre l'insécurité dans notre cher pays. » a déclaré le président iranien Hassan Rohani en réagissant à la cruelle attaque terroriste d’Ahvaz du 22 Septembre dernier, qui avait eu lieu lors d’un défilé militaire. C’est l’attaque la plus importante qu’ait connu le pays depuis 8 ans.

 

  L’Iran, qui semblait avoir retrouvé un lien à la communauté internationale grâce aux négociations relatives à son possible accès au nucléaire civil, est donc victime un nouveau coup dur. Le gouvernement de la République islamique fait face à une double pression, interne et externe. Après les strictes sanctions américaines, les fluctuations du prix de pétrole et l’acte terroriste, la légitimité du gouvernement est remise en question. La population iranienne a de sérieuses raisons de s’inquiéter.

 

  Les manifestations dans plusieurs régions du pays en début d’année sont la preuve du mécontentement général face à la conduite gouvernementale. Les difficultés sociales et économiques, comme le chômage (24% des jeunes n’ont pas de travail), ou l’importance de la corruption dans les institutions publiques, qui ont fondé cette contestation, ne semblent pas connaître d’amélioration. Il est donc grand temps de modifier les méthodes et les structures de la politique Iranienne, afin d’aboutir à changement général des mentalités.

 

  Toutefois, le gouvernement ne semble pas être affecté par l’insatisfaction de sa propre population et préfère donc accuser ces ennemis extérieurs. En général, il s’agit de cacher les problèmes internes par des allégations vides de sens contre l’influence américano-israélienne même s’il est à noter que les dernières critiques du gouvernement de la théocratie iranienne s’adressaient au pays du Golfe. D’après le gouvernement, les manifestations populaires sont simplement dirigées de l’étranger et non pas issues de la société civile Iranienne.

Par ailleurs, le gouvernement réagit par des mesures strictes, comme en témoigne la répression des manifestants par les Gardes de Révolution afin de détruire la défiance de la population à l’encontre de ses dirigeants. Reste à savoir dans quelle mesure ce comportement renforce le pouvoir ou attise les colères.

 

  Comment les problèmes qui se posent aux Iraniens pourraient-ils être résolus avec un gouvernement qui favorise la répression au lieu d’être à l’écoute de sa population ?  A l’heure actuelle, la volonté de réforme ne semble pas encore avoir fait son chemin dans la société Iranienne. Un grand nombre de gens des classes moyennes et aisées est toujours favorable à l’action du gouvernement du fait d’une propagande performante, des tentatives d’intimidation ou par pur intérêt personnel. De plus, le népotisme en vigueur dans les structures publiques comme privées est trop important pour favoriser la contestation du régime.

 

  Il reste donc à souhaiter que l’envie de réforme s’établisse de plus en plus et finisse par s’épanouir en Iran, pour que cessent un jour les répressions. En tant que citoyens européens nous ne pouvons que rechercher le dialogue entre nos territoires, et espérer que nos camarades iraniens ressentent notre soutien moral, et la force de nos pensées fraternelles.

 

Par Léo Schillmöller