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Fabienne Tenenbaum-Fort : L’essentiel, c’est d’oser
Psychologue en association avec Sciences Po Nancy depuis fin septembre, Fabienne Tenenbaum-Fort raconte son expérience avec les étudiants et leurs difficultés. Elle reçoit, chaque jeudi entre 14h30 et 18h30, des étudiants du campus pour des consultations gratuites et confidentielles à son cabinet (7, rue Callot).
  • Fabienne Tenenbaum-Fort. (DR)
    Fabienne Tenenbaum-Fort. (DR)

 

  • Les étudiants font-ils partie de votre patientèle habituelle ?

Je consulte en cabinet depuis 26 ans, et j’ai toujours eu une patientèle de jeunes. J’ai souvent reçu des adolescents, puis des étudiants. 

 

  • Avez-vous exercé dans d’autres établissements scolaires ?

J’ai commencé en tant qu’étudiante en psychologie dans un centre d’orientation scolaire et professionnelle. Je m’occupais d’élèves en difficultés. Bien souvent, le problème était davantage d’ordre psychologique qu’intellectuel. J’ai aussi travaillé au centre de médecine préventive à Vandoeuvre. J’y ai fait de la recherche sur les troubles psychosomatiques des adolescents, c’est-à-dire des troubles physiques qui sont en réalité d’origine psychologique. Une transpiration excessive, des maux de tête, ou des migraines sont autant de facteurs qui peuvent masquer un mal-être.

 

  • Avez-vous déjà une idée des problèmes sur lesquels vous pourriez aider les étudiants de Sciences Po ?

Ce sont des problèmes de jeunes adultes, pas spécialement liés à Sciences Po. Des étudiants étrangers peuvent avoir du mal à s’adapter et à s’intégrer dans un nouvel environnement. Je parle anglais, et je le comprends s’il est énoncé lentement. De manière générale, les jeunes adultes ont souvent des problèmes d’affirmation de soi, de confiance. Ils ont du mal à déterminer ce qu’ils veulent, à construire leur identité. Les consultations chez un psychologue à cet âge-là permettent de devenir un adulte qui s’affirme dans ses projets et dans ses choix.  Au fur et à mesure que l’on fait une thérapie, on devient plus libre et plus heureux.

Je reçois souvent des jeunes qui se sont perdus. Ils suivent une voie qu’ils pensent être la leur, mais qui est en réalité la voie que leurs parents veulent pour eux. Il arrive souvent qu’il y ait un changement d’orientation. Ceci dit, je n’ai pas vocation à recevoir un étudiant de Sciences Po sur une longue période. Les consultations gratuites doivent correspondre à une mise en route. Le patient pourra ensuite, s'il le souhaite, s’engager dans une thérapie avec moi ou un autre psychologue.

 

  • Si vous pouviez vous adresser aux étudiants, que leur diriez-vous pour les inciter à venir vous voir ?

La première fois que ma mère m’a incitée à consulter un psychologue, j’étais moi-même réticente. À l'issue de la première séance, je me suis sentie tellement légère. Une sensation que je n’avais jamais ressentie auparavant. Parler à quelqu’un qui n’est pas sa mère ou son père, puis se sentir comme un papillon. L’essentiel, c’est d’oser. Ensuite, il peut arriver que l'on soit déçu, mais la plupart des patients témoifnent de ce sentiment de légèreté, de libération.  

Propos recueillis par Stéphane VENET, Sébastien GROB et Philippe PERNOT

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