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L’hypocrisie française à l’égard des femmes.

 

J’ai grandi dans un milieu entouré de femmes, entre ma mère, ma sœur, mes cousines, mes tantes et mes grands-mères, qui sont toutes indépendantes et qui ont presque toutes fait des études pour l’être ; ces dernières m’ont toujours montré qu’une femme pouvait être forte de la même manière qu’un homme. Alors, naturellement, j’ai eu le sentiment d’être traitée par ma famille de la même manière que l’était mon petit frère, et ce, malgré nos deux genres différents. Seulement, lorsque je suis sortie de cette vision enfantine ethnocentrée sur ma propre famille, j’ai découvert que ma réalité n’était pas celle des femmes en général, que ce soit en France ou dans le monde.

J’ai réalisé qu’il existait une pression sociale sur les femmes, et que partout dans le monde, elles étaient victimes de violences morales, physiques et sexuelles. Et oui, même en France, le pays qui a vu naître la déclaration des droits de l’Homme, de l’homme oui, et non des femmes. C’est pourquoi, à l’occasion de la journée internationale de défense des droits de la femme, j’ai envie de parler de cette hypocrisie.

Pour moi, la société est hypocrite envers les femmes, et la différence entre l’égalité de faits et de droit, dans notre chère République Française, est réelle. Sans nier le combat que nos ainées ont mené pour l’égalité des droits, pour enfin avoir la chance de voter ou encore de disposer de notre corps librement, le combat pour l’égalité n’est pas fini, et penser qu’il l’est est hypocrite. « Liberté, égalité, fraternité », une devise que vous connaissez forcément, mais qui ne semble pas s’appliquer, dans les faits, à plus de 34 millions de la population française.

Liberté, chère liberté d’aller où on le souhaite.

Un principe réduit pour les femmes. Comment imaginer déambuler librement en ville alors que nous savons que nous allons recevoir des « remarques » ? Mais ce ne sont pas des « compliments », il s’agit d’harcèlement, personne n’a besoin d’être approuvé pour marcher dans la rue. Alors, nous avons peur puisque si nous ne répondons pas, les insultes fusent, tandis que nous n’imaginons pas ce qu’il peut se passer si nous répondons. Il est donc hypocrite de penser que les femmes et les hommes sont libres de la même manière, dans la même mesure, puisque la société patriarcale française a normalisé cette pratique du « compliment ».

Egalité, les femmes et les hommes ne sont pas égaux.

En droit si, mais seulement en droit. A commencer par l’égalité des chances, simplement. Pourquoi depuis plus de 150 ans de République française, aucune femme n’a jamais été élue présidente de la République ? Comment justifier qu’en règle générale les femmes n’accèdent pas aux mêmes hautes fonctions de commandement que les hommes ? Comment justifier que les femmes gagnent 10 % de moins que les hommes pour le même poste à temps de travail égal ? Ou encore, comment expliquer qu’encore aujourd’hui certains métiers moins prestigieux soient socialement reconnus comme féminins ? Alors, il est hypocrite de penser qu’en France, les deux genres sont égaux.

Fraternité.

Cette dernière composante de la devise française renvoie au lien qui unit des frères. Les femmes sont-elles des frères ? Même les valeurs de la République sont sexistes et nous discriminent. Alors, les femmes sont victimes en France d’oppression d’autant plus féroce qu’elle est tacite et sociale. Cette oppression est une vraie menace pour ces dernières, qui en 2019 sont 151 à être décédées sous les coups de leurs compagnons ou ex-compagnons. Mais comment agir une fois le constat fait ? Il faut parler de cette oppression et c’est le but de cet article, il faut éduquer les enfants, aussi bien les garçons que les filles. Mais selon moi, les hommes ont aussi un rôle à jouer dans ce combat. La libération totale des femmes passe par la fin du patriarcat, qui pèse également sur les hommes. Ce vieux système social véhicule des images d’hyper-virilité et de masculinité qui ne sont pas réalistes, et même dangereux pour les hommes comme les femmes.

Le but de cette tribune n’est pas d’attiser la haine contre un genre ou l’autre, simplement de faire ouvrir les yeux à tous, sur la situation hypocrite française, et d’ensemble, travailler pour rendre le monde meilleur pour les femmes et pour les hommes. Il est impératif que nous sortions tous du mythe égalitaire républicain, qui n’existe pas et n’a jamais existé. Il est impératif de s’éloigner de notre héritage patriarcal sexiste qui façonne notre socialisation de la naissance à la mort.

Emma Godard pour Equally.