• Reportage
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La lettre de Beale, un trésors caché aux Etats-Unis

Thomas J. Beale est un voyageur américain qui vient passer l’hiver 1820 dans l’hôtel de Robert Morriss à Lynchburg, en Virginie. Arrivé avec quelques amis, ces derniers le quittent quelques jours plus tard. Il passe deux mois chez les Morriss qui décrivent un personnage à l’esprit libre et indépendant, étoffé de bonnes manières et surtout d’histoires à raconter, qui font de lui un hôte très apprécié. Il devient petit à petit l’ami de l’hôtelier.

Beale quitte le gîte en mars et ne reparait plus avant de revenir, deux ans plus tard, en Janvier 1822 donc. Il passe de nouveau l’hiver dans une chambre des Morriss et au moment de les quitter, leur confie un petit coffre en fer, scellé. Le 9 mai 1822, une lettre signée de la main de Beale arrive à Lynchburg.

« Concernant la boite que je vous ai remise, j'ai quelques mots à vous dire, et même, si vous le permettez, quelques instructions à vous confier. Cette boite contient des documents vitaux pour mon avenir et celui de beaucoup de personnes engagées dans le commerce avec moi ; au cas où je viendrais à mourir, leur perte pourrait être irréparable. Par conséquent, vous voyez la nécessité de la conserver avec le plus grand soin et de prendre gare à ce qu'aucune catastrophe ne l'affecte. Elle contient aussi des lettres à votre intention, pour que vous compreniez le commerce dans lequel nous nous sommes engagés. Si aucun de nous ne revient vous voir, conservez s'il vous plait précieusement cette boite pendant 10 ans, et si ni moi, ni quiconque à qui j'en ai conféré le droit, ne vient la réclamer pendant ce temps, vous l'ouvrirez, ce qui peut être fait en retirant le cadenas. Vous trouverez, en plus des lettres, d'autres documents qui seront incompréhensibles sans l'aide d'une clé pour vous aider. J'ai laissé cette clé à un ami ici, dans une lettre scellée, à votre adresse, avec la consigne de ne pas l'envoyer avant le mois de juin 1832. »

Cette lettre fut le dernier signe du voyageur aux yeux des Morrisson. Ils conservent précieusement le petit coffre jusqu’en juin 1832. Personne ne vient jamais leur réclamer quoi que ce soit qui ait un rapport avec Beale durant ces dix années. L’hôtelier refuse d’ouvrir le coffret et espère obtenir finalement des nouvelles de son ami. En 1845, 23 ans après s’être vu confié la boite secrète, il décide de l’ouvrir.

La cassette contient trois feuillets incompréhensibles et une lettre destinée à Robert Morrisson. Beale lui y explique son aventure. Alors qu’il s’était dans les grandes plaines pour chasser le bison avec ses compagnons, il découvre en mars 1818 une mine d’or à proximité de Santa Fe. Ils y ont extrait de l’or durant plus de 18 mois avec l’aide de la population locale. Afin de mettre à l’abris leur trésors, Beale et ses compagnons rentrent en Virginie, c’est à ce moment qu’ils ont logé pour la première fois à l’hôtel Washington. Ils ont trouvé près de Lynchburg, un lieu sûr et sont revenus deux and plus tard pour alimenter le pactole.

L’aventurier décide avec ses amis que si un malheur venait à leur arriver, chose probable en ces temps dangereux, ils préfèreraient que le trésor puisse être récupéré par les Morrisson, séparé en 31 parts, une pour lui et les autres pours les familles nommées sur les autres lettres.

L’hôtelier se retrouve face aux trois feuillets cryptés dont il n’a malheureusement pas la clé, qui était censée lui parvenir en temps voulu, selon les dires de Beale. Ces feuillets indiquent pourtant la cachette. Durant 10 ans, il s’acharne à essayer de décrypter le message de Beale. A sa mort, en 1862, il confie les lettres à un ami, duquel on tient toute cette histoire.

Celui-ci prend le relai et tente à son tour de décrypter les feuillets. Et il y parvient ! La clé d’un des deux textes est la déclaration d’indépendance des Etats-Unis.

Il obtient alors :

J'ai déposé dans le comté de Bedford, à environ 4 miles de Buford, dans une excavation ou une caverne, à environ six pieds sous terre, les choses suivantes, qui appartiennent conjointement aux personnes dont les noms sont donnés dans le document n°3 : Le premier dépôt consiste en 1014 livres d'or, et 3812 livres d'argent, déposées en novembre 1819. Le second dépôt fut effectué en décembre 1821, et consiste en 1907 livres d'or et 1288 livres d'argent ; ainsi que des bijoux, échangés à Saint Louis contre de l'argent pour simplifier le transport, et estimés à 13 000 dollars. Ces biens sont abrités dans des récipients en fer, munis de couvercles en fer. La caverne est grossièrement tapissée de pierres, et les récipients sont posés sur un bloc de pierre, et couverts par d'autres. Le document n°1 décrit la position exacte de la caverne, afin qu'elle puisse être découverte sans difficultés.

Après cette avancée, notre homme s’évertue à déchiffrer le dernier papier mais n’y parvient jamais. En 1885, il abandonne la quête et rend les documents publics.

Autrement dit un formidable trésor est encore enfoui, caché quelque part près de Lynchburg aux Etats-Unis. A vous de voir si vous pouvez parvenir à les déchiffrer. 

Thibault Michelin