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Le grand débat SPG-ScPo LREM-SPD

 

Les hostilités ont commencé avant même le début du débat, mais pas forcément dans le sens qu’on attendait : c’est en effet le célèbre Benjamin Richard, co-modérateur du débat avec le non moins fameux Joris Rastel, qui taille directement le collectif Sciences Po Gauches pour leur manque de ponctualité. Cela aurait pu alarmer sur son objectivité mais le « BEEEEENJ », comme on aime le surnommer, a fait preuve d’une impartialité (presque) indiscutable.

1er thème de la soirée : réforme de l’assurance chômage et mesures sur l’immigration

1ers intervenants : Jack, Valérian (SPG), Caro, Matisse (LREM), Jacques, Arthur (SPD). La mixité est bien assurée. 

Voilà comment se déroule le débat : chaque camp a 1 minute 30 de présentation de ses arguments puis a lieu un débat entre eux de 20 minutes, leur temps de parole étant mesuré pour éviter les débordements.

Les premiers à passer sont les représentants de SPG. Valérian lit ses notes, balance des chiffres, bref : un parfait homme politique en devenir. Son compère Jack en rajoute en utilisant des mots compliqués tels que « coercition » : cela vaut sans doute 10 points à Des Chiffres et Des Lettres mais cela a le désavantage de perdre la moitié du public. Il compense cependant en glissant un bon jeu de mots juste avant le gong : applaudissements nourris de la part du public qui est bien évidemment impartial.

Nous passons maintenant à Sciences Po Droite. Jacques se croit aux Oscars et remercie Sciences Po mais oublie le temps de parole et parle trop lentement ! Le micro passe à Arthur qui parle enfin du thème pour le plus grand plais…intér… la plus grande indifférence du public qui attend le début des hostilités : du pain et des jeux ! Malgré toutes ses bonnes intentions Arthur ne peut conclure puisque son cher camarade semble avoir remercié tous les gens qu’il a croisés au cours de sa vie.

Enfin, LREM s’avance : Matisse estime nécessaire de se présenter puisqu’il est vrai qu’en tant que membre du BDE, il est assez inconnu sur le campus. En tant que bon marcheur, il rappelle également ce qu’a dit notre cher président et conclut en rappelant que, comme tout le monde le sait, le chômage est un tremplin. Sa collègue Caroline Dalheimer entre directement en matière grâce à des faits et des chiffres.

Passons maintenant à la phase de débat, la main va à SPD. Son noble représentant, Jacques (l’orthographe fait la différence entre un bobo-gauchiste et un industrialisateur fou), semble assez peu à l’aise avec un micro puisqu’il manque de le gober, pour le plus grand plaisir des oreilles du public, dont la moitié se serait plainte d’acouphènes le lendemain selon le Bureau National de la Statistique. Ceci étant dit, sa volonté de réindustrialisation (8 syllabes, un record sur le débat) et ses comparaisons avec l’Allemagne semblent trouver écho auprès du public (enfin des rares supporters de SPD perdus parmi cette foule de gauchis… de spectateurs impartiaux). Le débat suit son cours jusqu’à un coup de chaud de Jack (vous suivez ?) qui refuse de rendre le micro et tente de négocier avec Benjamin. Ce dernier semble avoir des arguments plutôt convaincants puisque Jack consent à donner la parole à quelqu’un d’autre. Son compatriote de nom, Jacques, se fait lui agresser par le public (en particulier par un certain germano-américain dont nous ne dévoilerons pas l’identité mais dont le nom commence par K et finit par Reisel). Il se rattrape néanmoins par un superbe slogan : « un état ne se gère pas comme une entreprise », fin de citation. (Garance s’enfuit de la salle dès 20 :25) Une question sur le service public posée aux différents représentants entraîne beaucoup de bla-bla public, avant un fait enfin marquant : Matisse clashe SPD avant de planter un couteau dans le dos de Caro en la forçant à parler, ce qui la pousse à (bien évidemment) balancer des chiffres pour cacher sa panique . Ceci entraîne un changement de sujet de la part de Benjamin qui, à l’instar du Français moyen présent sur les sièges de l’amphi, s’endort devant tous ces chiffres (probablement pas éco-soc le Richard) et change de sujet pour aborder l’enseignement. Le public est pour sa part marqué par le quasi-engloutissement du micro par Jacques. Jack, lui, se démarque par sa superbe expression de « coups de sparadrap » (la France a mal chers lecteurs) qualifiant les réformes de l’enseignement. Soudain, le public se fige : Caroline Dalheimer, représentante de LREM, annonce citer du Mitterrand ! La tension est à son comble lorsqu’elle sort… sept petits mots, record battu pour un marcheur qui tremble normalement de peur lorsque le mot « socialiste » est prononcé (sauf s’il qualifie Manuel Valls, dans ce cas précis il s’esclaffe). Du côté de la gauche justement, Valérian semble lui bénéficier du vote du public puisqu’il parle 10 secondes pour 30 d’applaudissements, ce qu’il compense parfaitement en utilisant… des chiffres bien évidemment ! Semblant nerveux, il nous fait une Jacques. Caroline clôture cette première partie du débat en comparant l’Allemagne avec la France avant de rappeler qu’il ne faut pas le faire, imitant notre cher Président et sa célèbre politique de « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Les questions du public s’enchaînent, majoritairement pour Sciences Po Gauches. Les réponses semblent plus ou moins satisfaire le public, sauf mister AK : il semble applaudir frénétiquement peu importe la réponse.

 

Enfin arrive la 2e partie, portée sur les 20 mesures sur l’immigration (présentées par le premier ministre le 6 novembre). Joris prend la parole (pour la première fois) et introduit le thème, semblant bien s’y connaître sur le sujet (une passion pour l’immigration polonaise sans doute). On note l’accroissement de la mixité puisqu’il y a maintenant 2 femmes sur le plateau, un jour peut-être qu’elles représenteront un tiers des personnes présentes ! Mais elles sont bien à leur place et Kenza le montre directement en reprenant le présentateur pour une approximation ! Ce fut trop pour Joris Rastel qui s’enfuit de la salle en pleurant.

Petit tour des représentants : Salomé et Quentin pour SPG, Thaddée et Kenza pour LREM, Jacques et Arthur encore et toujours pour SPD.

La première erreur est commise par le jeune Thaddée qui ose citer du Edouard Philippe, ancien maire d’une ville assez peu populaire à Nancy : pas sûr qu’il s’attire l’adhésion du public. Il tente de se racheter en utilisant les migrants pour dénoncer la récupération politique, la même tactique que sa collègue Caroline. Nouveau choc pour le public qui provient de Jacques cette fois ! Non il ne prône pas l’accueil intégral de tous les migrants ni même l’ouverture de nos ports à l’Aquarius, mais il semble avoir appris à utiliser un micro !

Le débat est cette fois moins marqué par les chiffres mais est plus vivant et punchy, LREM et SPD semble soudainement assez proches, pour la surprise de tous les observateurs. SPG semble assez isolé face aux attaques virulentes des deux autres camps mais est soutenu par le public, toujours très neutre et mesuré. Ce même public se fait beaucoup plus timide lorsque Tony fait irruption pour menacer de clore le débat si des gens continuent à fumer aux fenêtres (Nico a enquêté et le/la coupable se cacherait dans une coloc en 3 lettres !). Thaddée reste dans le thème : pas de fumée de son côté mais beaucoup de poudre de perlimpinpin. Salomé semble prête à accueillir tout le monde à la ZAD mais tente de le cache. A propos des quotas du gouvernement, ils sont condamnés par SPG et défendus par Thaddée qui les qualifie de « non-limitatifs », ce qui perd totalement Nico et le public. Kenza craque et qualifie ses adversaires de « culottés », frôlant le vulgaire ! Thaddée de son côté tient son stylo à l’envers et enfonce le clou en rappelant ses adversaires à l’ordre ! LREM tente de s’imposer, semble-t-il. De leur côté, les représentants de SPD semblent se demander ce qu’ils font là et honnêtement…nous aussi. Heureusement ils peuvent enfin parler, et Jacques, retrouvant son cher micro, ne peut s’empêcher de lui montrer son affection, renforçant le mal de tête du public, et aggrave son cas en donnant quelques chiffres.

Le débat se termine et on passe aux questions du public : le tyran Benjamin Richard demande que le public pose des questions à d’autres gens que SPG. Ces questions obtiennent des réponses plus ou moins claires : un spectateur demande de clarifier le terme de « quotas non-limitatifs » et Thaddée lii répond en utilisant trois fois « tout simplement » sans que personne n’ait compris. Josef Nasr est presque applaudi lorsqu’il ose une question sans rapport avec le Liban, tout le monde est fier de lui. Sa question sur l’intégration durable des réfugiés dans la société semble tout de même avoir un lien avec sa situation d’expatrié mais il progresse. Enfin, le terme de « néocolonialisme » apparaît finalement puisqu’une personne demande si ce n’en est pas si la France dépense de l’argent dans les anciennes colonies pour régler le problème des migrants clandestins. Thaddée semble très déçu par la question et préfère traiter les causes plutôt que les conséquences, ce qui clôt officiellement la soirée.

Un grand bravo à tous les participants, plus ou moins à l’aise et à l’honneur, qui ont toutefois fait montre d’une belle assurance pour une première fois ! Nico souhaite de tout cœur animer le prochain évènement de ce genre.

Tanguy Sanlaville et Georges Heurtebise