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  • Politique
Maxime Logerot (UPR) : “Sortir de l’Union européenne pour s’ouvrir sur le monde”
Maxime Logerot, 21 ans, est le candidat de l’Union Populaire Républicaine (UPR) aux élections législatives de 2017 dans la circonscription de Meurthe-et-Moselle. Pourquoi sortir de l’Union européenne ? Comment organiser le “Frexit” ? Alors que le parti aux 23 000 adhérents est bientôt présent pour la première fois à une élection présidentielle, le jeune candidat répond à ces questions et à bien d’autres pour Der Parvenu.
  • Maxime Logerot./ PHILIPPE PERNOT

 

 

Quels sont les grands axes du projet défendu par l’UPR ?

Notre grande mission est de rétablir la démocratie. Cela passe par une sortie de l’Union européenne et de l’OTAN, afin de reprendre la main sur notre politique étrangère, ainsi que de l’euro, pour recouvrer le pouvoir régalien monétaire. Un autre objectif est de rassembler les Français, sans se limiter à un électorat de droite ou de gauche. Nous avons pour cela exclu de notre programme des sujets clivants, comme l’immigration. Ensuite, nous voulons apaiser les climats de tension présents en France actuellement, en permettant à chacun de s’identifier dans le projet français. Le problème de la situation politique actuelle est qu’il y a une multitude de groupes poussant chacun dans une direction différente, mais ne rassemblant pas les citoyens.

Comment l’UPR compte-elle gérer  la sortie de l’Union européenne ?

Une fois l’article 50 du TUE activé, nous aurons un délai  de deux ans pour négocier les conditions de sortie. Nous évoquerons avec nos partenaires européens la possibilité d’un maintien dans l’espace Schengen, et les modalités que prendrait celui-ci. La même question se posera avec Erasmus. Beaucoup d’aspects de la construction européenne restent positifs. Mais parce que nous considérons qu’il est impossible de renégocier les traités, il faut quitter tout le bloc, puis décider de réintégrer certains dispositifs.

Pourquoi ne pas tenter un dialogue avec les autres pays ? Les intérêts des pays européens sont-ils forcément contradictoires ?

Il faut l’unanimité des pays membres pour modifier les traités. Or, le processus de renégociation serait nécessairement bloqué par d’autres pays sur de nombreux aspects : le Luxembourg sur la lutte contre les paradis fiscaux ou les pays de l’Est sur les travailleurs détachés…  Quand bien même l’on arriverait à tomber d’accord sur un nouveau traité, certains pays, comme la France, demandent à ce qu’il soit ratifié par référendum. Au total, c’est un processus monstrueux ayant peu de chances d’aboutir. Cela fait longtemps que l’on nous promet de changer l’Europe. La mascarade a assez duré.

Pourquoi l’Union européenne est-elle selon vous une entrave à la démocratie ?

Car le pouvoir législatif a été retiré au parlement et au gouvernement français. Selon l’article 121 du TFUE, des grandes orientations politiques et économiques sont “conseillées” aux gouvernements des pays membres par Bruxelles. Mais ce sont des conseils très appuyés. Restaurer la démocratie, c’est aussi contrôler la politique étrangère du pays. Les Français en sont privés aujourd’hui, puisque celle-ci est faite en accord avec l’UE et l’OTAN. Enfin, l’euro : comment pouvons-nous être en démocratie si nous ne contrôlons pas notre propre monnaie ?

Vous affirmez vouloir restaurer la démocratie. Mais pourquoi alors ne pas rénover profondément le système politique français ?

Le problème réside en ce que le costume de la cinquième République avait été taillé pour le général de Gaulle. Mais depuis Mitterrand, aucun président n’a su incarner l’Etat français : le costume est trop grand. Il faudrait donc une personne ayant les épaules pour le revêtir à la tête de l’Etat. Mais la Cinquième République reste un très bon système : elle laisse de la place à la démocratie à travers le pouvoir parlementaire, tout en donnant au chef de l’Etat de grands pouvoirs. Elle est donc un bon compromis, prenant en compte le passé monarchique de la France et notre tradition républicaine. De plus, c’est un régime extrêmement stable, permettant au président et aux Français de construire ensemble de grands projets sur le long terme.

Quel serait un chef d’Etat qui endosserait dans ce costume ?

Il faudrait qu’il ait du leadership, en se plaçant au-dessus des partis. Sans aller jusqu’à la dictature, la Cinquième République ne permet pas d’arriver à ce type d’excès. En revanche, elle permet une certaine autorité. Voyant son poste assuré, le président n’a pas toujours besoin d’arriver à un compromis avec les partenaires parlementaires. Cette autorité est nécessaire dans nos relations avec les autres pays : la France doit affirmer sa position dans le jeu géopolitique international.

Sortir de l’UE et de l’OTAN ne risque-t-il pas d’isoler la France sur la scène internationale ?

La France est engagée dans plus de 6680 traités. En sortant de l’UE et de l’OTAN, nous en supprimerons trois. Nous resterons ainsi liés avec énormément de pays. Surtout, nous pourrons échapper à la tutelle de la Commission Européenne, qui négocie aujourd’hui les traités de libre-échange, afin d’établir de nouveaux partenariats. Nous nous sommes refermés sur l’Europe. Il faut sortir de l’Union européenne pour s’ouvrir sur le monde. Par ailleurs, nous conserverons notre statut de pays décisionnaire à l’ONU, aujourd’hui menacé par l’envie des pays européens de créer un droit de veto commun.

Vous proposez de nationaliser TF1.  Cela impliquerait-il un contrôle direct des contenus diffusés ?

Non. Avec France Télévisions aujourd’hui, l’Etat ne contrôle pas directement les contenus. En revanche, il peut indiquer une marche à suivre concernant le programme culturel. Nous voulons mettre en place une politique permettant de diffuser des films issus du cinéma indien, francophone-africain, asiatique. Le tout contrastant avec l’omniprésence américaine. Nous voulons en outre dénoncer la grande arnaque qu’a constituée la privatisation de TF1. Bouygues, par l’intermédiaire de Bernard Tapie, avait promis “des grandes soirées opéra en prime time”. Aujourd’hui, qu’avons-nous ? “Secret Story” et  “L'amour est aveugle”. Nous voulons aussi éviter la diffusion de discours anti-français.

Qu’entendez-vous par là ?

Imaginez que la personne à la tête de la première chaîne nationale ait des intérêts de marché à dénigrer un pan de la politique française. Il lui est facile de mettre en place un discours anti-français. Un exemple type est la SNCF : il est possible de multiplier les sujets sur le manque d’effectifs, sur les retards, pour finalement insinuer une image négative dans la tête des Français.

Concernant les programmes scolaires, vous dîtes vouloir éviter toute vision dogmatique de l’histoire. A quoi pensez-vous ?

Je pense par exemple à l’enseignement de l’histoire des rois de France, un pan qui sort petit à petit des manuels. Napoléon a presque été exclu du programme pour faire place à nos erreurs historiques, comme la colonisation. Il faut évidemment que l’on parle de tout, mais avec neutralité.

Vous promettez également de protéger les lanceurs d’alerte. Comment feriez-vous ?

Une de nos premières mesures sera d’accorder à Julian Assange et Edward Snowden l’asile politique qui leur a été refusé par François Hollande. Par ce biais, nous voulons inciter de futurs lanceurs d’alerte à dénoncer des faits aujourd’hui inconnus. C’est indispensable pour un pays se réclamant des libertés fondamentales. Les lanceurs d’alerte font preuve d’une aide universelle.

Vous évoquez enfin une possible coopération militaire avec la Turquie et la Russie. Se limiterait-elle à la question syrienne, ou aurait-elle vocation à s’étendre à d’autres domaines ?

Nous refusons d’être en opposition constante avec la Russie et la Turquie, ne serait-ce que pour stopper le processus de guerre latente actuellement en place. Mais nous prônons surtout une indépendance. Il serait stupide de quitter la sphère de protection américaine pour se placer sous celle de la Russie. Rien ne nous empêche de réfléchir à la possibilité d’une alliance, comme à celle de conserver une protection américaine.

Propos recueillis par Laura Damblemont et Sébastien Grob.