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Nico au Caméo - #2 - Joker, brillant et sombre

 

Joker, film de Todd Phillips avec en acteur principal Joaquin Phoenix, est sorti sur les écrans le 9 octobre en France, et les réactions n’ont pas tardé à affluer.

Joker est un film très réussi qui joue sur les émotions du spectateur, naviguant entre compassion et malaise, le tout renforcé par une musique contribuant à une atmosphère sombre et oppressante. Son succès est en grande partie dû à l’acteur principal, Joaquin Phoenix : il incarne Arthur Fleck, futur Joker, personnage émacié et bourré de tics, comme ce fameux rire pathologique caractéristique du Joker l’indique. Ses troubles psychologiques l’empêchent d’être correctement intégré dans la société, le poussant dans les bras de la dépression.
La performance de Phoenix est brillante: il entraîne le spectateur dans une relation complexe avec le Joker, entre empathie et malaise face à son instabilité. La métamorphose physique de l’acteur, devenu squelettique (il aurait perdu 25 kilos pour le rôle) le rend presque pathétique par moments, lui attirant la pitié du spectateur. Phoenix n’a pas à rougir de sa prestation, lui qui devait succéder entre autres à Heath Ledger ou Jack Nicholson. Ses précédents cinématographiques sont de toute manière assez conséquents, en témoignent ses rôles principaux dans les films récents Les Frères Sisters ou encore You Were Never Here.

Toutefois, Philipps ne fait pas que dépeindre ici la lente descente aux enfers d’Arthur Fleck, qui perd peu à peu pied et surtout sa raison, mais met également en évidence les inégalités sociales qui caractérisent Gotham City, ville fictive qui reflète New York. Le Joker met le feu aux poudres en déclenchant des émeutes de haute ampleur, devenant un symbole du rejet des classes aisées par les plus défavorisées. Ce conflit prend au cours du film de l’ampleur, alors qu’en parallèle se développe le personnage, être brimé et rejeté, construisant un alter ego sûr de lui et symbole de lutte contre les puissants. Joker est brillamment mis en scène, volontairement sombre et tendu, faisant intégrer au spectateur l’intimité du personnage afin de mieux appréhender son parcours. Si la fin peut sembler un peu confuse à première vue, elle invite à la réflexion sur l’ensemble du film et est laissée libre à l’interprétation.

 

Coup de cœur : la musique.

La bande-originale du film est tout simplement incroyable. Toujours juste, elle joue un rôle massif dans l’ambiance pesante et tendue du film sans jamais être de trop. Elle plonge le spectateur encore plus profondément dans le film, enfoncé dans son siège et captivé par le spectacle ainsi proposé. Coup de chapeau à Hildur Guðnadóttir !


Si vous souhaitez lire des avis différents, vous pouvez jeter un œil à la critique de l’émission « Le Masque et la Plume » sur France Inter, qui ne semble pas (et c’est un euphémisme) avoir été convaincue par ce film : https://www.franceinter.fr/cinema/critique-joker-de-todd-philips-joaquin-phoenix-est-il-une-catastrophe-de-caricature

Rendez-vous bientôt pour une nouvelle critique !

 

Tanguy Sanlaville