Facebook
  • Culture
Nico au Caméo - #4 - Le Char et l'Olivier

 

Poignant, dense et courageux, le premier film de Roland Nurier, qui n’est pas cinéaste de métier, fut une entreprise périlleuse : il s’est vu refuser des financements face au contenu très engagé du film et a donc eu recours au financement participatif, recueillant ainsi 13 000€.

Le film retrace l’histoire de la Palestine jusqu’à nos jours. Il ne manque pas de rappeler les racines culturelles et religieuses de la région, mais s’attarde surtout sur la création de l’idéologie sioniste. Roland Nurier révèle les origines historiques du sionisme , qui, selon les historiens qu’il a sélectionnés, fût notamment encouragé par les courants antisémites d’Europe qui voulaient se débarrasser des juifs. Pour installer Israël, la population musulmane de Palestine a dû être déplacée. La présentation du sionisme comme une entreprise colonialiste peut gêner, mais est incroyablement convaincante dans le film, qui démontre l’absurdité de cette idéologie, son caractère colonialiste, et ses dérives de nos jours. Pour le réalisateur, les travaux et analyses des historiens, journalistes (juifs pour la plupart) et éminents membres de l’ONU convoqués « ne souffrent d'aucun esprit partisan parce qu'ils s'appuient sur la réalité du terrain et sur les textes de Droit International ».

Malgré tous ces efforts d’exactitude et d’objectivité, le film est par essence sujet à la controverse, très engagé politiquement, et fera sans doute parler de lui. On peut lui reprocher un manque d’objectivité et une certaine constance dans le choix des experts, alors que le réalisateur s’insurge du « prêt à penser » délivré par les médias. Mais sa plus grande force est d’oser aborder cette épineuse question, hautement sensible chez les deux communautés, et de s’attaquer aux idées reçues. Véritable coup de poing politique, il apparaît comme une évidence que l’entreprise mené par Roland Nurier est celle du rétablissement d’une vérité que, selon lui, les médias et les manuels scolaires occultent trop souvent. Le film aura-t-il un impact politique ? C’est souhaitable, puisqu’il est un appel à la communauté internationale, enjointe à changer de stratégie avec Israël. Le cinéaste ne demande qu’une chose : l’application du droit international à Israël en matière de crimes de guerres et de crimes contre l’humanité. Mais il faudrait pour cela une médiatisation du film, qui reste pour l’instant en suspens.

Le Char et l’Olivier est un film accessible à tous, que Nico recommande chaleureusement. Il offre un éclairage, certes engagé, mais clair, et suscite la prise de conscience.

La bande annonce: https://www.youtube.com/watch?v=9jca0w8wPUY

Alexis Louet