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Cinéma : "Soy Nero" Green Card Soldier
Dans le cadre du Festival International Nancy Lorraine (FIFNL), der Parvenu publie en partenariat avec CMT une série de critique des films présentés en avant-première. Armand Desponts s'attaque à Soy Nero.

Titre : Soy Nero

Durée: 1 h 57 min

Réalisateur : Rafi Pitts

Date de sortie : 21 septembre 2016

Acteurs principaux :  Johnny Ortiz, Rory Cochrane, Aml Ameen…

Après s'être fait déporter au Mexique, pays de ses parents, Nero décide de repasser la frontière coûte que coûte. De l'autre côté du mur, il n'a qu'un seul plan pour échapper au sombre destin des clandestins : s'engager dans l'armée pendant deux ans afin d'obtenir la Green Card et devenir citoyen américain.

D'un point de vue technique, Soy Nero est une œuvre impeccable. Entre la photographie de Christos Karamanis, qui nous offre des images à couper le souffle, et la musique de Rhys Chatham, étourdissante, sèche et très blues, le film donne véritablement le sentiment d'être dans les vapes.

Le réalisateur, Rafi Pitts, est interdit de tournage dans son pays d’origine, l’Iran. Il aborde ici des thèmes à résonnance personnelle tels que la question de la nationalité, des frontières et de l'appartenance au monde. Et c'est avec une ironie noire et un brillant sens de l'absurde que le conte de Nero prend une dimension bien plus importante. Le film ne se contente pas d'être la chronique d'un homme à la reconquête de sa nationalité. Soy Nero esquisse le portrait d'une société pleine d'illusions et d'arnaques : la déportation de Nero, un champ d’éolienne tournant dans le vide, la guerre au Moyen-Orient... Mais que cette terre soit injuste, malhonnête ou bien fausse, ça n'a pas d'importance pour Nero. Tout ce qu'il désire, c'est retrouver son équilibre, sa Heimat. Le film s'inscrit parfaitement dans le contexte de chamboulement des sociétés américaine et européenne. Il offre à chacun l’occasion de prendre du recul, et de se poser d'autres questions…

« Je suis sidéré à quelle vitesse phénoménale on fabrique l'ennemi. Parce qu'on n'accepte pas les gens tels qu'ils sont, avec leur culture. » - Rafi Pitts

par Armand Desponts